Amandine Gauthier

Directrice administrative et codirectrice générale, Théâtre du Trident
Québec, Canada


Complétez la phrase suivante : « « L’art, c’est… »

… une vibration, une expression, une émotion brute, un lien entre les humains. Pour moi, l’art c’est nécessaire.


 Quelle a été l’étincelle qui vous a amenée à devenir gestionnaire culturelle ?

L’idée s’est implantée avec le temps. Je raconte souvent que mon premier flash fut ma première fois au théâtre alors que j’étais encore enfant. Les trois coups, le rideau qui se lève, les décors, les costumes, les comédiens totalement investis, la salle fébrile, l’ovation, et moi qui suis fascinée par le fait que l’art soit capable de faire vivre de telles émotions. Puis j’ai connu mes premiers concerts, mes premières expositions, mes premiers festivals. Mes parents ont toujours considéré la culture comme une première nécessité, juste après se nourrir ou se loger. Alors j’ai baigné dedans et en ai profité autant qu’il était possible de le faire. Et à force de voir à quel point cela pouvait être rassembleur, et à quel point l’art pouvait nous faire sentir vivant, j’ai su que je voulais en faire un métier. Puis tranquillement l’idée s’est imposée non plus comme une envie mais comme un besoin.


 Qu’est ce qui vous allume dans votre travail ?

Certaines personnes considèrent comme ingrat de travailler dans l’ombre, mais je crois que pour faire ce métier il faut avoir l’étincelle qui nous fait voir les choses différemment. À chaque spectacle que l’on monte, je me dis que j’ai la chance inouïe d’avoir contribué à ce que tout ceci puisse exister. J’ai également la chance de travailler sur des projets aussi nombreux que variés, et de rencontrer des gens extraordinaires. Des artistes bien évidemment, mais également des producteurs, des directeurs artistiques, des gestionnaires et j’en passe. Travailler dans un milieu en ébullition constante, où chaque personne est motivée par sa passion tout autant que par la force de ses convictions. Chacun a fait le choix conscient de travailler en culture, on n’atterrit pas ici par hasard. Et je crois que c’est ce qui fait l’immense beauté de la chose.


Quelle est la chose que vous changeriez dans votre travail si vous en aviez la possibilité ?

Évidemment, la première réponse qui me vient est financière. Ce n’est un secret pour personne : la culture perd tranquillement mais sûrement ses appuis publics, et mettre en place des campagnes de levée de fonds est un défi magistral. Les salles se vident aussi parfois, parce que le public manque de moyens et que l’offre est grandissante. Le serpent qui se mord la queue… Mais, ultimement, je rêverais qu’une augmentation des fonds public dédiés aux arts permette de baisser les tarifs de billetterie au minimum afin qu’un plus grand nombre puisse assister aux spectacles. Une réelle démocratisation pour que chacun puisse s’approprier notre culture. Faire de nos salles des lieux de vie, de vraies places publiques où l’on puisse échanger, rencontrer, confronter, et surtout, partager.

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