Fannie Labonté

Adjointe aux directions, Nouveau Théâtre Expérimental
Montréal, Canada


Complétez la phrase suivante : « « L’art, c’est… »

L’art c’est quelque chose de vital, c’est l’expression d’une vision d’un individu à temps donné mais ça peut aussi devenir, heureusement, la voix d’une collectivité. La beauté de la chose, c’est que ça ne s’exprime pas de la même façon d’une personne à l’autre. L’art c’est un canal d’émotions, et pour celui qui le fait et pour celui qui le reçoit. C’est un dialogue, parfois visible, souvent invisible. Ça nous lie les uns aux autres même si on reçoit les œuvres différemment. C’est tout de même magique d’être touché par une image, une peinture, une photo, une parole, un acteur. C’est à la fois une source de divertissement, d’éducation, de réflexion. C’est essentiel au développement des individus et des communautés.


 

Quelle a été l’étincelle qui t’a amenée à devenir gestionnaire
culturelle ?

Tout d’abord, je tiens à préciser que je ne me considère pas comme une gestionnaire. Je n’occupe pas de poste de direction (c’est dit !). Le désir de devenir travailleur culturel est venu à la suite de mes études universitaires en théâtre.

Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours baigné dans les arts performatifs : danse, chant, improvisation. Le choix de faire un DEC en théâtre puis un BAC en études théâtrales s’est imposé naturellement. Au cours de mes études universitaires, j’ai suivi le profil entrepreneurial. J’avais développé un projet de lieu théâtral, je crois que c’est à cet instant là que j’ai réalisé que l’aspect administratif m’intéressait. J’ai aussi compris que ma formation ne suffirait pas à me faire travailler dans mon domaine. C’est pourquoi je suis allée au HEC de Montréal faire un DESS. Ça a été la meilleure décision de mon parcours scolaire. Grâce à cette formation, j’ai eu la chance de travailler dans de supers organismes et de rencontrer des gens formidables.


 

Qu’est ce qui t’allume dans ton travail ?

Au quotidien, j’ai besoin d’être en contact de près ou de loin avec les arts. J’aime les créateurs, leur énergie, leur ouverture, leur volonté de transmettre leur vision. Généralement, ce sont les gens avec qui l’on travaille qui font toute la différence. Je pense au théâtre où je travaille, que ce soit les directeurs artistiques, les artistes ou les équipes des bureaux, ce sont pour la majorité des gens très allumés. J’aime la richesse de nos échanges, leur générosité et ce qu’ils m’apprennent.

Au NTE, l’énergie de la création est très présente dans toutes les sphères de la compagnie. Les productions qui changent nous demandent, à nous aussi, de nous renouveler. On a toujours de nouveaux défis. Nous sommes des témoins privilégiés de l’évolution des créations. Mon dada, c’est les communications. J’aime faire partie de la courroie de transmission entre les artistes et les spectateurs. Ça demande entre autre de la créativité et une sensibilité artistique.


Quelle est la chose que tu changerais dans ton travail si tu en avais la possibilité ?

Le domaine culturel, comme plusieurs autres domaines, on y est par passion. Les conditions de travail sont précaires, les salaires ne sont pas faramineux, on doit souvent faire une croix sur les avantages sociaux. Je ne parlerai pas de plusieurs crises qui secoue le milieu théâtral (financement, nombre croissants de compagnie, écoles de formation et j’en passe…) On en entend beaucoup parler et il y a de nombreuses personnes qui pourraient exprimer leur opinion mieux que moi.

Ce qui me fâche en ce moment, c’est peut-être le manque de reconnaissance des travailleurs culturels. Ils sont essentiels à la chaîne de production artistique. Ça me met toujours hors de moi lorsque je vois des annonces d’emploi où l’on demande des compétences dans toutes les sphères (admin, communications, comptabilité), en plus d’une bonne connaissance du milieu et de l’expérience et que l’on offre un salaire de 10$/l’heure tout en étant admissible aux subventions salariales.

Je suis consciente que ce ne sont pas toutes les compagnies qui roulent sur l’or mais je crois qu’il y a place à l’amélioration quand on parle de personnel de soutien à la création. Il faut le voir comme un investissement et non pas comme une dépense. Les gestionnaires apportent avec eux leur compétences, leur vision, ce qui entraîne automatiquement des bénéfices pour les compagnies.

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