Julie Groleau

Productrice, Couronne Nord.
Montréal, Canada


Complétez la phrase suivante : « « L’art, c’est… »

Un besoin, une passion, une façon de se définir individuellement et collectivement.


 Quelle a été l’étincelle qui vous a amenée à devenir gestionnaire culturelle ?

Il y a eu plusieurs étincelles ! J’ai toujours été une grande consommatrice de culture (québécoise), c’était donc naturel pour moi de me diriger dans ce domaine.

Je me suis inscrite au Cégep en cinéma et communication dans le but d’être journaliste. Un jour, dans un cours de cinéma, Charlie Chaplin m’a fait comprendre que je voulais plutôt faire de l’art! Puis, Robert Lepage et André Forcier me l’ont confirmé.

Pendant mon BAC en cinéma, j’ai découvert le mouvement Kino et c’est là que mon étincelle de gestionnaire culturelle est apparue. J’ai mis en place la cellule de la Rive-Nord (Kino640) avec des amis et je « trippais » beaucoup plus à comptabiliser les recettes des soirées de projection qu’à faire des films. C’est à travers Kino que j’ai eu la chance d’organiser mes premiers événements et de produire mes premiers films. Un an après mon BAC, je me suis inscrite aux HEC au DESS en gestion d’organismes culturels. Ce programme m’a vraiment confirmé que ma place était en gestion culturelle.


 Qu’est ce qui vous allume dans votre travail ?

Les artistes. Avec Couronne Nord, j’ai la chance de travailler avec des artistes qui m’amènent à me questionner constamment sur mon métier et sur l’art en général. J’évolue constamment comme productrice, j’apprends sur chaque projet ce qui me permet de ne jamais me tanner de mon travail. Un artiste qui me parle de sa prochaine création, c’est beau. Mon métier, je le fais pour rendre les artistes heureux, pour leur permettre de faire vivre l’œuvre qu’ils ont en tête. Il n’y a rien de plus « trippant » que de regarder un artiste qui lui regarde son œuvre avec un sourire dans la face! Si j’ai pu contribuer un peu à cette réussite, mon travail est réussi.

Les défis. En culture, il y a une part de création, peu importe le poste occupé. Il faut pouvoir se débrouiller avec les moyens qu’on a. Il faut être capable de comprendre la vision artistique de l’artiste et ne pas s’arrêter aux contraintes budgétaires. Faire notre possible dans un contexte qui n’est pas évident.

Être sur le terrain, dans l’action. Que ce soit sur un événement ou sur un tournage, vivre ce qu’on a passé des mois à organiser, c’est un beau sentiment. Je pourrais vraiment continuer longtemps tellement j’aime ce métier !


Quelle est la chose que vous changeriez dans votre travail si vous en aviez la possibilité ?

Je ne serai pas très originale en disant qu’il manque d’argent en culture. Oui, il faut un meilleur investissement du gouvernement, mais il faut aussi mettre davantage de l’avant la philanthropie et le mécénat. Il faut faire en sorte qu’on ne dépende plus juste du gouvernement, trouver des solutions.

J’aimerais évidemment trouver LA solution pour qu’on soit fier de notre culture et qu’on la consomme. Deux auteurs ont lancé un événement sur Facebook : « le 12 août, j’achète un livre québécois ». C’est une belle initiative, mais on ne devrait pas avoir besoin de ça pour consommer québécois. Ça devrait être naturel pour un peuple d’aller voir ses films, d’écouter sa musique, de regarder sa télévision, de lire ses auteurs. On dit que la culture c’est l’oxygène d’un peuple, avec raison. Il faut être concerné par notre culture.

 

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