Mélissa Pelletier

Fondatrice et rédactrice en chef du webzine Les Méconnus.
Montréal, Canada


Complétez la phrase suivante : « « L’art, c’est… »

L’art fait partie de mon quotidien. Il s’inscrit dans ma vie du matin au soir, que ce soit par la musique qui me suit toute la journée, les spectacles que je vais voir entre amis ou les lectures et découvertes que je fais en solo. Mon intérêt pour tout ce qui est artistique me suit depuis mon enfance, comme une caractéristique indissociable de ma personnalité : entre une mère travailleuse culturelle, un grand-père chanteur et un frère musicien et photographe, j’ai eu tout l’espace et la compréhension nécessaire de mon entourage pour explorer comme j’en avais envie. Et j’ai plongé!


 Quelle a été l’étincelle qui vous a amenée à devenir gestionnaire culturelle ?

Je m’en rappelle comme si c’était hier. J’étais en pleine maîtrise de création en Littératures de langue française et quelque chose clochait. Je n’étais pas exactement à ma place. Je voulais découvrir toutes les facettes de l’art, de la vie culturelle. Apprendre à journée longue. Discuter avec des artistes, voir ce qui se trame côté artistique à Montréal. Et cet après-midi d’automne 2009, je me souviens m’être assise devant l’Université de Montréal. J’ai appelé ma mère et je lui annoncé que j’allais devenir journaliste culturelle. Elle m’a dit : « Mais oui. Je le savais. » Le lendemain, j’étais inscrite en journalisme. Deux ans plus tard, je lançais le webzine Les Méconnus. Aujourd’hui, je ne peux pas imaginer pratiquer un autre métier tellement j’adore ça. Le meilleur coup de tête de ma vie.


 Qu’est ce qui vous allume dans votre travail ?

Assister à un show incroyable. Ressentir la petite étincelle qui annonce que « wow, cet artiste est à suivre. » Tomber sur une chanson marquante. Jaser avec des créateurs passionnés, qui trippent vraiment sur leur projet. L’excitation face à une nouveauté, une nouvelle création. Rencontrer des gens allumés qui font des merveilles avec peu. Mais surtout, le bonheur d’écrire, d’informer. D’agir en tant que filtre pour donner le meilleur (à mon bien humble avis, hein) aux lecteurs. Bref, l’honneur de mettre le phare sur des talents à découvrir.


Quelle est la chose que vous changeriez dans votre travail si vous en aviez la possibilité ?

La précarité. Dans mon monde idéal, le journalisme serait plus réglementé : des tarifs à respecter, des limites, des droits. Aujourd’hui, écrire ou travailler de manière bénévole en début de carrière est presque devenu un passage obligé. Les heures sont souvent longues et le chèque, très symbolique. Il faut rivaliser d’imagination, de talent, mais aussi de persévérance pour faire sa place. Malgré les multiples mutations et les difficultés du milieu médiatique québécois qui expliquent très bien ce phénomène, je rêve d’un milieu plus solide et sain pour les journalistes de la relève.

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